L’Homme e(s)t l’Animal

humain chèvreHomo sapiens sapiens sapiens sapiens…

Nous nous différencions volontiers des animaux. Il y a la civilisation humaine d’un côté et de l’autre le monde naturel, sauvage, des bêtes (d’où le livre Into the wild, on n’est plus « wild » par nature). Pourtant, bien que « l’homme ne veut pas rester tel que la nature l’a fait » (Hegel), nous sommes dépendants de la Nature et inscrits au sein d’Elle. Nous respirons et nous nourrissons naturellement, nous sommes classés dans le Règne animal. Malgré la volonté de s’extirper de son état naturel, l’homme s’est entouré de bêtes pour asseoir son règne sur Terre.

En effet notre destin reste lié aux animaux. Déjà par l’élevage : quoiqu’il en soit l’humain est omnivore. Il a réalisé l’exploit de s’approprier certaines espèces pour les garder à proximité, contrôler leur population, afin de s’assurer un garde-manger et ne pas avoir à retourner la forêt en mode chasseur-cueilleur.

Des alliés au poil

Mais nos relations avec les bêtes vont au delà de l’estomac et de l’aliment. La domestication, c’est aussi l’animal de compagnie. Si nous avons initialement laissé les chats s’approcher de nos granges pour qu’ils nous débarrassent de rongeurs nuisibles, nous accueillons aujourd’hui ces charmants félins dans nos foyers pour leur doux pelage, leurs ronronnements et leur agréable présence.
Nos rapports se resserrent avec les bêtes. Beaucoup ressentent de l’amour pour leur animal, pouvant élever leur chien au rang de personne dans un sentiment d’amitié sincère. La zoothérapie est de plus en plus utilisée et reconnue pour soigner différents maux sur le handicap, la mémoire, l’estime de soi,la communication, la stimulation sensorielle, le stress…chien et homme

Les chiens peuvent dépasser leur statut de « fidèle compagnon » par le dressage. Aujourd’hui, certains sont sauveteurs en mer ou en montagne, d’autres « bossent » à la brigade des Stups, ou encore contribuent à supporter des handicaps comme la cécité.

Quel exploit ?

Sommes-nous en coopération ou exploitons nous la bête dans ces cas là ? L’apiculture est un formidable rapprochement entre l’homme et les insectes, mais quel profit tirent les abeilles de l’exploitation de leur miel ? L’élevage à des fins nourricières est généralement néfaste pour le règne animal, que ce soit dans la consommation de viande ou de productions animales (miel, lait, œufs…). Mais dans le cas des animaux de compagnie, ils sont nourris logés blanchis (dans les meilleurs des cas). Est-ce une domestication positive pour la bête ?

Certains sont les ouvriers (ou esclaves) des humains : comme les bœufs tirant les charrues, les chevaux montés. Mais utiliser les bêtes dans nos tâches quotidiennes peut être bénéfique pour la planète. L’éco-pâturages évite l’utilisation de machines agricoles tout en nourrissant les bêtes. A Vendargues (Hérault), le camion-poubelle est une charrette tirée par un cheval, bien moins polluant ! Ainsi, à condition de respecter l’animal et avoir une certaine éthique à son égard, il est possible de s’appuyer sur le monde des bêtes pour soutenir la civilisation humaine, tout en ayant un moindre impact sur la planète. Être asservi à l’Homme, est-ce la perte totale de sa liberté ? La bête serait elle plus heureuse sans lui ? Peut-on se complaire dans l’asservissement (vaste débat de la Dialectique du maître et de l’esclave) ? Beaucoup de bêtes intègrent la hiérarchie du rapport dominant – dominé au sein de leur groupe social sans la domestication.

L’homme essaye aussi de « jouer à la nature » en utilisant des espèces pour contrôler des écosystèmes. Comme le Platydemus manokwari (voir article I F’) qui est craint en Europe mais introduit en Afrique pour lutter contre un escargot géant ! Méfiance dans cette tentative de contrôle de l’animal par l’animal…

dolphin-helps-fishermen-s600x400-418025On relate depuis de nombreuses années des coopérations entre les dauphins et les hommes pour la pêche : les uns rabattant le poisson dans les filets des autres. Une véritable coopération profitable aux deux parties, qui existe encore aujourd’hui comme au Brésil. Mais alors que le cétacé est pacifique avec l’homme (certains auraient sauvé des naufragés, sans le moindre intérêt), l’humain une nouvelle fois démontre son ingratitude : il le chasse (on pense au Japon, aux pays scandinaves et à leurs massacres traditionnels), l’enferme dans des marinelands, le noie dans ses lignes de pêches…

 

Nos rapports aux bêtes sont multiples. Mais comme la grande majorité du monde vivant, les animaux pâtissent de la présence humaine. Certains sont chassés, mis en cages ou perdent leur habitat. Mais d’autres infiltrent nos foyers et se rapprochent des villes pour en tirer profit.

Des animaux sur votre campus ? Mais si c’est sûr ! N’oubliez pas d’envoyer vos observations de grandes et petites bêtes sur inventairefac.com.

 

Article réalisé par Mathias ROTH

homme et chatImage à la une : © Elena Shumilova

 

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