Petit à petit, la Perruche fait son nid

 

perrucheDepuis quelques années en France, un oiseau aux couleurs exotiques contraste avec le béton gris des villes dans lesquelles il a élu domicile. Il s’agit de la Perruche à collier (Psittacula krameri). Comment ce volatile originaire d’Afrique subsaharienne et d’Asie est venu coloniser l’Europe ?

Tout d’abord la Perruche à collier est un animal de cage très courant, venduperruche-en-cage2 partout dans le monde (notons qu’elle change de couleur en élevage, perdant son vert flamboyant, ce qui prouve à quel point les oiseaux sont adaptés à la vie en cage).
Ainsi de nombreux spécimens se sont échappés de leurs prisons et se sont adaptés à la vie locale.
En Espagne, les perruches sauvages sont recensées par milliers, notamment à Barcelone. Il est possible qu’elles aient lentement remonté le pays depuis l’Afrique, profitant du doux climat (et du réchauffement), et rencontré les premiers échappés déjà sur place. Grands voyageurs, ils peuvent voler de 200 à 300km en une journée : départ de Barcelone le matin, repas et bronzette sur une plage des Pyrénées-Orientales à midi, et retour à temps pour la nuit. Certains ne sont peut-être jamais repartis et ont poussé plus au Nord ou à l’Est.

Ainsi les Perruches à collier se sont installées à Montpellier, le long du Lez et au jardin du Peyrou notamment («et même dans mon jardin en dehors de Montpellier» NDR).
Cet oiseau adore les milieux urbains, en ville on trouve tout ce qu’il faut : chaleur, nourriture et logis (les platanes y sont très nombreux, l’idéal pour trouver une cavité où nicher).

La Perruche à collier, assez grande faisant de 40 à 50 cm, aborde un plumage vert tropical, et une ligne noire s’étend du bec jusqu’au cou ainsi qu’une bande rouge sur la nuque. Un bien beau collier particulièrement visible chez monsieur, ce sont les mâles qui préfèrent les bijoux flashy ! Cette perruche se nourrit essentiellement de graines et de fruits, ce n’est pas un nouveau prédateur en puissance.

Qui dit nouvelle espèce exotique dit, pour l’Homme, espèce invasive. Psittacula krameri va-t-elle voler dans les plumes des autres volatiles autochtones ? Finalement, sa bonne adaptation au milieu pourrait témoigner d’une nouvelle faune s’acclimatant au nouvel ordre de notre écosystème régional. Encore une fois la notion d’espèce invasive est un point de vue anthropique, sur notre échelle de temps et d’espace. « Le débat est donc ouvert et renvoie plus généralement à la conception de la Nature par l’Homme », Jean-Pierre Moussus. Qui sommes nous pour juger que telle espèce a sa place ou non ? Surtout que la Perruche à collier enrichit notre biodiversité urbaine, n’est-ce pas ce l’on souhaite ? Sinon, abattons tous les animaux de la ville, nous irons les voir uniquement dans les zoos et les réserves naturelles.

Oiseau invasif ou pas, il est possible que la Perruche à Collier s’invite sur votre campus (on en trouve jusqu’en Angleterre, Pays-Bas, etc.).

Si vous ne la voyez pas, tendez l’oreille !

(Étienne Leroy)

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Article réalisé par Mathias Roth

 

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