Le Poisson Lion, nouveau roi des océans ?

poisson-lionCe beau poisson, de son nom latin Pterois volitans, fait partie de la famille des rascasses et se fait appeler «rascasse volante», tout comme ses proches cousins présents dans la Mer Rouge (Pterois miles, les deux espèces sont invasives aux caraïbes).

Originaire des océans Pacifique et Indien, dans lesquels ses prédateurs sont plus nombreux, il aurait été introduit par erreur dans les eaux antillaises. La théorie la plus répandue à ce sujet est celle d’un cyclone, survenu en Floride, causant la libération de cette espèce des aquariums vers le milieu naturel. Les eaux chaudes de la côte Est des Etats-Unis auraient ensuite favorisé une migration de cette espèce vers les caraïbes.

Actuellement, malgré son apparence élégante, le Poisson Lion est considéré comme l’un des pires fléaux des Antilles !

Sa prolifération est due à une reproduction démesurée (30 000 œufs tous les 4 jours, et ce toute l’année) et à l’absence de prédateurs dans les eaux de l’Atlantique Ouest (certains requins et mérous peuvent les attaquer ; mais du fait de la surpêche, ces derniers sont loin d’être en nombre suffisant à proximité des côtes).

Les principales caractéristiques qui lui sont reprochées sont ses nombreuses épines très venimeuses qui ne facilitent pas les contacts, et une voracité impressionnante (parfaitement omnivore, il mange tout ce qui est plus petit que lui). Mais nous ne sommes pas non plus des débutants en matière de surconsommation. Son principal point faible est le fait qu’il soit vivant. Puisque notre comportement alimentaire est finalement assez proche du sien, mis à part que nous ne nous limitons pas à ceux qui sont plus petits, le Poisson Lion fait donc heureusement parti du règne des «consommables» pour les humains.

D’une taille de 30-35 centimètres à l’âge adulte et un comportement assez passif, il fait également partie de la classe de poissons dits «prêts à être harponnés par des particuliers, sans risque élevé de blessure». Il peut également rentrer sans difficultés dans les casiers des pêcheurs.

A ces titres, les sessions de chasse et la consommation de ce poisson sont maintenant assez répandues. Cela ne suffit pourtant pas à endiguer l’invasion, et cet animal continue de se répandre dans l’océan Atlantique.

Un constat bien négatif, si l’on associe à cela le fait que plusieurs observations ont mis en évidence sa présence au Nord de la Turquie et de Chypre… Ce poisson serait-il désormais prêt à envahir la Méditerranée ?

Une histoire à suivre donc, qui déterminera peut-être la prochaine espèce de poisson la plus dangereuse pour les écosystèmes marins.

 

Article et photographie réalisés par Louis Nerriere

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