Qui est le frelon asiatique ?

frelon-asiatique

Des visiteurs, venus d’ailleurs

                En France depuis une dizaine d’année, probablement importé de Chine en voyageant clandestinement et gratuitement dans des poteries, le frelon asiatique (Vespa velutina) s’est rapidement répandu, dans le Sud-Ouest particulièrement. Cette expansion est facilitée par le grand nombre de femelles fondatrices (entre 300 et 600) contenu dans une seule colonie. Ces jeunes reines une fois fécondées attendent la fin de l’hiver pour commencer la construction de leur nid (fait de bois transformé en papier mâché, pouvant atteindre 1mètre de diamètre !). Si la plupart des femelles mourront avant la fin de l’hiver et la création de leur colonie, ce nombre impressionnant de potentielles reines fondatrices a sans doute contribué à leur invasion rapide.

Comment réduire leur expansion ? Se débarrasser des femelles construisant leur nid au printemps n’est pas efficace. Au contraire, ces dernières ont l’habitude de se faire la guerre pour usurper ou conserver un nid en construction. Réduire le nombre de frelons à cette période revient finalement à réduire la mortalité des reines qui n’ont plus la nécessité de s’entre-tuer. Les pièges « à frelon » ne sont pas assez discriminants et capturent beaucoup d’insectes, mais peu de frelons. Leur expansion semble se ralentir d’elle-même. D’après certaines études à Tours (IRBI et CNRS), les colonies produisent de plus en plus de mâles que de femelles, réduisant le nombre de reines fondatrices par nid. Ce phénomène est sans doute causé par une consanguinité initiale, les pionniers frelons asiatiques étant trop peu nombreux lors de leur arrivée en France.

Les ruches sous tension

Cet insecte est un fléau pour les colonies d’abeilles. Si son cousin européen (Vespa crabro) grignote une ouvrière de temps en temps, les frelons asiatiques peuvent s’employer à de véritables génocides sur les ruches. En quelques heures, Vespa velutina peut causer la perte d’une colonie, en tuant un trop grand nombre d’individus ou en stressant les abeilles jusqu’à ce qu’elles ne sortent plus de leur ruche. Pourtant, cette nourrice attentionnée tue dans le seul but de nourrir les larves de sa colonie. Les adultes, plus raffinés, se nourrissent essentiellement de miel, nectar et fruits mûrs. Vérifiez donc que votre pomme fraîchement cueillie ne bourdonne pas avant de croquer dedans !

Les apiculteurs réussissent tant bien que mal à lutter contre Vespa velutina. Les pièges lorsqu’ ils sont posés près des ruches sont plus efficaces et attrapent plus de frelons. Une technique de « filtre », une muselière, protège assez efficacement les abeilles. Un grillage à large mails (suffisamment grand pour les abeilles mais ne laissant pas passer les frelons) disposé autour d’une ruche permet enfin aux ouvrières de quitter sereinement la ruche sans se faire décapiter systématiquement par un coup de mandibule lors du décollage. Les abeilles d’Asie arrivent à se défendre d’elles-mêmes. Pour se débarrasser d’un frelon envahissant, elles s’agglutinent autour de lui ; en battant des ailes de toute leur force elles l’étouffent sous la chaleur et les vibrations.

  Nos nouveaux voisins les frelons, ou le procès d’un étranger

                Ne pouvant exterminer la totalité de cette espèce (d’un point de vue éthique, tout de même), et en attendant de trouver de meilleures méthodes de piégeages, il nous reste à apprendre à cohabiter avec Vespa velutina. A moins d’en subir un très grand nombre, sa piqure n’est pas plus dangereuse que celle d’une guêpe, et quoi qu’on en dise c’est un pacifiste. Par contre, à moins de 5 mètres d’un nid, personne n’est à l’abri d’une attaque groupée de frelons défendant leur logis (souvent bien dissimulés dans les arbres, haies ou toitures).

                Le frelon européen (Vespa crabro) est présent depuis longtemps en France sans que cela n’ait l’air de révolter la population. Le frelon asiatique n’est pas plus agressif ou dangereux qu’un autre hyménoptère, il trouble le quotidien des apiculteurs mais pas le notre. Ne tournons pas à la paranoïa xénophobe en condamnant violemment ce nouvel arrivant ! Tout ça parce qu’il est asiatique…

Il reste important d’inventorier et localiser cet insecte placé sur la liste des espèces invasives afin de connaître son expansion et sa proximité avec nos ruches.
Si vous repérez un nid de frelon ou un individu sur votre campus, c’est ici :
Saisir vos données

 

Article réalisé par Mathias Roth

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