Chasse, pêche, tradition et… Nature ?

Bientôt plus de félins dans nos cirques français ?

Cette semaine, et espérons que ça ne soit pas la seule de l’année,  nous attaquons notre article par une bonne nouvelle, en effet l’Irlande a fait passer très récemment une loi concernant l’usage d’animaux dans les cirques. À partir du 1er Janvier 2018, ces cirques ne pourront plus faire appel à des animaux « qui ne sont pas habituellement domestiqués ». Les irlandais n’auront donc plus le « plaisir » d’observer de félins, d’éléphants, etc., en dehors de leurs espaces naturels ainsi que des lieux à but éducatif où l’on peut leur assurer confort et respect de leurs besoins tel les zoos. L’Irlande entre donc, en même temps que l’Italie, au sein des 42 pays du monde bannissant cette pratique que les défenseurs de la cause animale répugnent. D’après les articles sur le sujet et les déclarations des pouvoirs publics, cet ajustement de la loi répond directement à une évolution des pensées, déjà exprimée par certaines localités qui n’acceptaient plus les cirques de ce genre suite aux nombreuses mobilisations contre la maltraitance animale.

Au sein de l’Europe, déjà 19 pays (en incluant les deux précités) interdisent cette pratique, notamment la Belgique, les Pays-Bas mais aussi la Roumanie ou encore l’Estonie. Mais où en est donc la France sur cette question ?

L’éléphante Maya, 49 ans, dont l’association One Voice demande la mise en centre de soin

Il ne semble malheureusement pas à l’ordre du jour de réfléchir à ces pratiques pour les autorités françaises… Seules les communes ont le droit de refuser la venue d’un cirque avec animaux sur leur territoire. Et ce besoin de faire changer la manière de penser ne fait pas l’unanimité, comme le démontre le récent rejet du tribunal administratif de Bordeaux de retirer Maya, une éléphante de 49 ans visiblement en état de santé très préoccupant et de stress intense, afin de la placer dans un centre de soin à la demande d’une association.

La France serait-elle un si mauvais élève en matière d’écologie ? Quelle fierté nous pousse donc à refuser le changement, même si les exemples ailleurs sont nombreux ?

La réponse pourrait se trouver dans la tradition… Cette tradition, voir même ce patrimoine historique et culturel, qui nous force à avancer sur la pointe des pieds dès que l‘on souhaite voir changer les choses de peur de vexer, de frustrer certains conservateurs attachés à ce qui a toujours été fait. Cet argument, de protéger les traditions, suffit à maintenir certaines atrocités écologiques sous couvert de protéger notre histoire, notre mode de vie…

Dégustation des bruants ortolans, sous la serviette comme le préconise la tradition…

Mais les bruants ortolans, oiseaux protégés et fortement menacés, continuent d’être braconnés afin d’être servis sur les tables des meilleurs restaurants… Les Taureaux continuent de se faire torturer dans les Corridas, la tauromachie étant inscrite depuis plusieurs années à l’Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France… Les blaireaux, protégés dans une grosse partie de l’Europe, continuent de se faire massacrer pour le simple plaisir de quelques « amoureux de la tradition »… La liste est longue, et pour essayer de garder le sourire de début d’article, nous n’irons pas plus loin…

Les fautifs sont faciles à viser, chasseurs, braconniers, toréadors et… Consommateurs… Car il est aisé de s’acharner sur une légère part de la population, mais il serait bon de se poser la question suivante : « Personnellement, suis-je prêt à abandonner ce que j’ai toujours connu, toujours apprécié, ce qui fait partie de mon éducation au regard de la cause écologiste ? »

La gastronomie française fourmille d’inepties écologiques et morales, les périodes de fêtes nous apportent le foie gras (les oies préfèreraient probablement sauter au travers de cerceaux enflammés au milieu des clowns plutôt que de subir le gavage), les toasts de saumon dont l’élevage intensif pose de vraies questions écologiques, voir même simplement l’abus de produits d’origine animale…

Certaines traditions, vues comme barbares depuis l’extérieur, sont bien évidemment à repenser voir à supprimer totalement, mais il est essentiel de garder un regard critique sur sa propre manière de consommer, de sorte que nos paroles et nos plaintes restent en accord avec nos actions..

La conclusion de cet article sera sous la forme d’un conseil…

Ne vous braquez pas lorsque l’on vous présente une manière alternative de voir les choses, que ça soit pour la cause animale, pour la planète ou pour n’importe quel sujet, la remise en question est le premier pas vers un changement personnel. Si vous vous sentez jugé, critiqué sur votre manière de vivre, plutôt que de s’énerver et de rejeter, dites-vous qu’il reste beaucoup à faire et que vous avez la possibilité d’apporter votre petit coup de pouce… Ce sentiment peut devenir le moteur de grands changements dans votre façon de consommer et la fierté qui en découle n’a que peu d’égal.

Réfléchissez, partagez, discutez, l’ouverture aux autres est une étape essentielle dans la protection de notre écosystème.

Article rédigé par Colin Bonnot


Pour aller plus loin :
L’Irlande interdit l’usage d’animaux sauvages en zoo
http://www.lefigaro.fr/international/2017/11/10/01003-20171110ARTFIG00360-l-irlande-interdit-aux-cirques-de-travailler-avec-des-animaux-sauvages.php
Pétition pour soutenir l’avis de l’association de défense de l’éléphante Maya
https://www.mesopinions.com/petition/animaux/justicepourmaya/35958
Les ortolans toujours braconnés
https://www.consoglobe.com/bruant-ortolan-biodiversite-cg
La tradition culinaire derrière le braconnage de bruants
http://madame.lefigaro.fr/cuisine/l-ortolan-cet-oiseau-que-les-chefs-regrettent-261016-117489
 La chasse aux blaireaux, toujours d’actualité en France
http://planetes.20minutes-blogs.fr/archive/2013/05/16/la-chasse-aux-blaireaux-est-ouverte.html

 

Les commentaires sont fermés