Espaces verts : Biodiversité en ville ou mauvaise compréhension de la nature ?

 

C’est devenu une fierté, chaque ville souhaiterai voir sur les panneaux d’entrée le petit texte « ville fleurie ». Bien que principalement esthétique, la présence de bosquets sur nos ronds-points et devant nos mairies est souvent associée à une volonté écologique. Les bienfaits sont effectivement nombreux, de l’apport de nourriture pour tous les insectes pollinisateurs jusqu’à l’augmentation des surfaces d’infiltration d’eau, il est évident qu’il ne faut pas remettre en cause ces petits bouts de nature au milieu de tout ce béton.

Seulement, peut-on se suffire de ça ou doit-on chercher à faire toujours mieux pour nos écosystèmes ?

 

De plus en plus d’initiatives se lancent au travers de la France afin de retrouver des espaces verts plus représentatifs de notre biodiversité botanique. Que ça soit des programmes pour mieux connaitre la biodiversité de nos villes (http://sauvagesdemarue.mnhn.fr/sauvages-de-ma-rue/presentation), des associations prônant le remplacement des horticoles traditionnelles au profit de prairies fleuries (http://www.futura-sciences.com/maison/actualites/maison-laissons-pousser-fleurs-sauvages-ville-23481/) ou encore l’explosion de site vendant des mélanges de graines bios et locales adaptées aux insectes que l’on souhaite voir. Toutes ces initiatives montrent la même chose, l’anarchie de la nature a ses avantages qu’une pelouse soigneusement tondue ou un parterre de pivoine n’a pas.

Mais quels sont concrètement ces avantages ?

 

Si l’on exclut l’aspect purement esthétique très subjectif (je n’ai personnellement jamais vu la beauté dans l’ordre et l’uniformisation de la nature), il reste énormément à dire sur le sujet…
Le premier aspect, et peut être le plus important, est celui du maintien de la biodiversité. Dans une société où la campagne est de plus en plus traitée pour l’agriculture, de nombreuses plantes et insectes se retrouvent menacés. Pourquoi importer des plantes horticoles lorsque l’on pourrait créer une niche aux plantes sauvages de nos régions, un sorte de bibliothèque de la biodiversité végétale, le tout disponible à la vue de chaque citadin et permettant de lier éducation à la nature et sauvegarde de la biodiversité.

De ce maintien de la diversité découle de nombreux autres avantages. La présence, au sein d’une friche fleurie, de nombreuses espèces végétales différentes les rend moins sensibles aux invasions d’insectes et supprime l’idée de « mauvaise herbe » celles-ci devenant une part de notre bosquet. Le temps (et le coût) de gestion des espaces verts s’en retrouve fortement diminué, et surtout les pesticides et herbicides ne sont plus nécessaire, un environnement complexe ayant plus de facilité à auto-réguler les insectes ravageurs. Ensuite, la multiplication des espèces entraîne aussi une plus grande diversité dans les floraisons, diversité de forme permettant à une plus large gamme de pollinisateurs d’y trouver sa nourriture et diversité temporelle, permettant aux pollinisateurs de trouver des plantes en fleurs sur une plus grande partie de l’année. Ce dernier point étant crucial, nos pollinisateurs ayant de plus en plus de difficulté à trouver des ressources hors des périodes de floraison des grandes cultures (colza principalement).

Si l’on ajoute à cela que de nombreuses espèces invasives semblent avoir été importée sur des plantes horticoles, qu’une bonne partie de ces mêmes horticoles demandent des apports en eau et en nutriment que le sol ne peut apporter, plus grand-chose ne semble défendre nos « beaux » parterres de roses que l’on doit arroser, engraisser, tailler, replanter chaque année, etc…
Adapter nos plantes ornementales au climat et au type de sol redonnerait même un cachet propre à chaque ville, en plus de soutenir les problématiques écologiques.

 

Ile de Nantes – Prairie fleurie rustique

Et c’est dans cette optique là que le projet « Rucher » du Groupe Naturaliste de l’Université de Montpellier se lance dans une réflexion sur la possibilité de favoriser les plantes sauvages sur notre campus. Par l’ajout de prairies à fauche tardive, l’utilisation de plantes locales plutôt que d’espèces naturalisées, la mise en place d’hôtels à insectes favorisant la biodiversité végétale… Toutes les idées sont bonnes à prendre, et toutes les motivations aussi.
Si ce projet vous intéresse, n’hésitez pas à passer au local du GNUM, premier étage du (S)pace, ou encore à envoyer un e-mail à inventaire.fac@gmail.com. Nous nous ferons un plaisir de vous renseigner ou de vous accompagner dans des démarches similaires.

La compréhension de la nature est le premier pas vers sa sauvegarde, et cette nature saura nous rendre à la hauteur de nos efforts…

Continuons d’apprendre, de découvrir et de s’informer et à la semaine prochaine !

 

Article rédigé par Colin Bonnot

Les commentaires sont fermés