Mignons petits hérissons… Mais pour encore combien de temps ?

Vous l’avez peut-être lu, le hérisson d’Europe, Erinaceus europaeus (Linné, 1758) serait voué à disparaitre d’ici 2025… L’information a été relayée par de nombreux médias (http://www.liberation.fr/futurs/2017/03/10/le-herisson-d-europe-est-il-menace-de-disparition_1554589) et une pétition en ligne, destinée aux décideurs publics a recueillie plus de 100 000 signatures : https://www.change.org/p/sauvons-les-h%C3%A9rissons-en-danger.

Seulement, lorsque l’on cherche plus d’informations sur le sujet, la source la plus fiable est en désaccord avec ces propos alarmistes. En effet le statut de conservation du hérisson européen n’est que « préoccupation mineure » selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Il est donc nécessaire de se poser la question de cette énorme différence entre ce qu’observent les amoureux de la nature et ce qu’indiquent les instituts scientifiques à ce sujet.

Le problème vient principalement du manque d’études récentes en France, peu de recensement de populations sont mis en place, empêchant le suivi de l’espèce au cours du temps. Cependant, l’alerte lancée dans le but de réagir rapidement à cette menace d’extinction ne sort pas de nulle part. Depuis déjà quelques années, la Grande-Bretagne surveille cette espèce et les conclusions ne sont pas très joyeuses… Anouschka Roelina Hof a présenté sa thèse en 2009  au sein de  l’université de Londres sur le déclin du hérisson depuis 1960. Selon ses résultats, les populations seraient fortement impactées par la perte d’habitats favorables et leurs morcellements ainsi que par l’augmentation des routes et du trafic. Une étude au Pays-Bas a en effet montré que la présence d’axes routiers importants pourrait diminuer de 30% la densité de hérissons. Les estimations montrent jusqu’à 30% de diminution des populations britanniques depuis 1995.

Cette pétition n’a donc pas pour unique but de faire réagir les pouvoirs publics sur cette problématique mais surtout de sensibiliser la communauté scientifique française afin de mettre en place de vrais inventaires dans le but de mieux connaître cette espèce et ce qu’elle risque de devenir dans les prochaines années. La disparition du hérisson dans nos villes et nos campagnes aurait un effet important sur la biodiversité, mais aussi et surtout sur notre patrimoine. Le hérisson pourrait (devrait…) devenir le fer de lance d’un combat pour le maintien des environnements naturels, afin de permettre aux futures générations de vivre l’émerveillement à chaque rencontre avec cette petite bête timide et discrète…

Seulement voilà, au Groupe Naturaliste de l’Université de Montpellier, trop peu d’actions sont faites pour informer sur cette espèce, pour mieux la comprendre et pour mieux la protéger… Les données Inventaire Fac’ indiquent pourtant que des individus ont été vus sur les différents campus, notamment à Montpellier ou Dijon. Il serait peut-être temps de passer à la vitesse supérieure afin d’obtenir des données utilisables pour de vraies analyses et des suivis de populations.

L’élaboration d’un protocole, la recherche de partenaires, l’obtention de matériel (piège-photo), tout est à notre portée… Il ne manque plus que des bénévoles, des personnes motivées prêtes à s’investir pour cette espèce… Ce projet n’aboutira pas sans vous !!!

Si ce projet vous intéresse, même en simple participant, n’hésitez pas à nous faire part de vos idées, de vos connaissances, ou de tout ce qui vous parait pertinent à ce sujet.

J’en profite ici pour rappeler que le GNUM recherche actuellement un référent mammalogie, n’hésitez pas à poser vos questions par e-mail à : inventaire.fac@gmail.com ou à passer au local de l’association.

En espérant avoir touché votre petit cœur, et que naîtrons chez certains l’envie de faire quelque chose !

Article rédigé par Colin Bonnot.

 

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