La pyrale du buis, symptôme local d’un problème global ?

Pour ce nouvel article, nous parlerons d’un problème écologique majeur, fortement mis en avant dans les médias mais pas toujours très clair pour les lecteurs (et parfois même pour les auteurs), celui des espèces invasives. L’exemple d’aujourd’hui provoque un désastre pour la flore française : la Pyrale du Buis.

Le concept d’espèce invasive peut se résumer simplement, il s’agit d’une espèce initialement absente d’un territoire qui l’a colonisé et dont la présence perturbe fortement l’écosystème. Les causes de la colonisation peuvent être nombreuses mais, bien souvent, l’humain est en cause que ça soit par l’augmentation des échanges planétaires qui déplacent des espèces, par la modification du climat permettant à celles-ci de s’habituer à un nouveau milieu, etc. Et les dommages sur l’écosystème viennent bien souvent d’une absence de prédateurs empêchant la régulation naturelle de l’espèce en question.

La pyrale du buis (Cydalima persepectalis), comme son nom l’indique, est un petit papillon nocturne dont les chenilles se nourrissent presque exclusivement de jeunes feuilles de buis. Elle nous vient directement d’Asie (Chine, Japon, Corée…) et son introduction accidentelle semble datée de 2005.

Pour comprendre un peu mieux les problèmes qu’elle cause, il est nécessaire de s’intéresser à sa biologie. Comme tous les papillons, la vie de cette espèce est cyclique, avec un stade larvaire (chenille), un stade de chrysalide et un stade adulte (papillon). Les problèmes surviennent donc lors du stade larvaire et prennent des proportions impressionnantes, un buisson de buis pouvant être dépouillé de ses feuilles en quelques jours seulement, et pour rendre ça plus compliqué encore pour la survie de nos chers buis, le cycle de ce papillon n’est pas forcément saisonnier, un buis pouvant voir plusieurs générations se succéder une même année, empêchant la régénération des jeunes feuilles tout au long du printemps et de l’été. Dépossédé de son feuillage, le buisson mourra dans l’année.

Cette invasion a désormais pris une ampleur nationale, les sites internet proposant des moyens de gestion reçoivent des commandes de tous les départements français et les dégâts étant très visuels de nombreuses initiatives se développent. Des applications telles que GEOINSECTA (http://www.biotop.fr/actualite/174-geoinsecta-l-application-pour-observer-alerter-agir.html) permettent de référencer les lieux où l’invasion est importante, en donnant même des conseils de gestion.

Vient alors cette question de la gestion, la prédation des chenilles par les oiseaux est rendue difficile par les toiles tissées par les chenilles, il apparaît donc nécessaire d’avoir une réponse humaine à un problème d’origine humaine. De nombreux sites proposent la vente de produits phytosanitaires, mais cela ressemble beaucoup à remplacer un problème par un autre. De nouvelles méthodes de gestion se développent notamment en France, avec par exemple la diffusion en grande quantité de phéromones de cette pyrale dans l’air pour rendre difficile la recherche de partenaire sexuel et donc diminuer les populations, la diffusion de parasites des œufs avant les périodes d’éclosion, etc.

Des solutions existent ou  se développent, mais la vraie question serait plutôt « comment réduire ces invasions ? » plutôt que de chercher toujours à mettre un pansement sur une plaie ouverte… L’intensification des échanges planétaires serait soit à remettre en question, soit à accompagner de réelles mesures prenant en compte la biodiversité locale.

La nature se protège au quotidien, continuons de s’informer, d’apprendre et de partager, cela reste notre meilleure arme.

Article rédigé par Colin Bonnot

 

 

 

Les commentaires sont fermés