Belle Orchidée, Orchidée Sauvage (2)

La précédente année s’étant terminée sur un article dédié à nos chères Orchidées, fleurs envoûtantes mais menacées. Profitons du retour d’Inventaire Fac pour apprendre à mieux les connaître et pénétrons calmement dans leur intimité…

La reproduction chez cette famille a passionné de nombreux biologistes, et ce depuis Charles Darwin. La fleur si particulière, semblable à un insecte, a inspiré les premières théories d’évolution parallèle entre deux espèces – la coévolution – où la plante profite de l’insecte comme un vecteur de dispersion du pollen et où celui-ci trouve dans cette interaction une source de nourriture : le nectar.

 

 

Ces stratégies de reproduction, étonnamment variées au sein même de cette famille restent bien connues des botanistes et entomologistes amateurs et sont régulièrement évoquées afin d’entraîner les plus curieux vers les activités naturalistes. C’est pourquoi nous nous intéresserons ici, non pas au stade antérieur à la reproduction (là où les insectes ont leur rôle) mais à celui qui arrive une fois que l’ovule est fécondé, au moment où la graine est prête, la germination.

Chaque botaniste qui arpente les prairies, les montagnes, les plateaux gardera un fort souvenir du premier « champ » d’Orchidées qu’il a eu l’occasion de fouler. Un lieu où, contrairement à l’image solitaire que l’on se fait de cette plante, elle y pousse ici par dizaine, parfois par centaine. Il y a une explication à ça, la même que celle qui la rend si difficile à cultiver…

Contrairement à la grande majorité des graines, celle des orchidées ne contient que très peu de substance nutritive, cet amidon permettant à la plantule de blé de croître tant qu’elle ne possède pas encore de feuille. La graine d’orchidée ne peut pas compter sur ce que lui a légué sa « mère », et doit se débrouiller autrement.

Et cette énergie elle va la trouver chez un organisme très différent, un champignon microscopique présent dans le sol. Celui-ci étant si petit qu’il peut, avec le consentement de l’orchidée bien sûr, se développer autour et à l’intérieur des cellules végétales, afin d’apporter à la graine les besoins en eau et en nutriments nécessaires à la survie. Cette symbiose étant son seul moyen de germer, il est donc essentiel d’avoir ce champignon présent dans le sol lorsque la graine choisi son bout de terrain pour s’y installer.

Cette difficulté à germer (on estime à moins de 1% le nombre de graines arrivant à maturité) est compensée par le fait que chaque gousse peut contenir près de 2000 graines. C’est cette particularité qui nous amène à tomber par hasard sur une prairie où, grâce à la présence du champignon sur de vastes surfaces, ces fleurs peuvent s’épanouirent en toute tranquillité, pour le plus grand plaisir de nos yeux, et de ceux des nombreux pollinisateurs.

 

Admirer, étudiez, protégez les Orchidées de votre campus et envoyez vos observations sur inventairefac.com.

Attention où vous mettez les pieds !

Article réalisé par Colin Bonnot

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