Le platane, colosse au tronc d’argile

   Certains se plaignent du platane pour diverses raisons : on en voit trop, son pollen est allergène, il tue les automobilistes sur les bords de routes… Pourtant notre arbre si célèbre est aujourd’hui menacé.

Beaucoup ont entendu parler du chancre coloré qui s’attaque aux platanes. Cette maladie se manifeste sous la forme d’un champignon platanovore (Ceratocystis platani, qui ne s’en prend qu’aux platanes). Le champignon microscopique s’infiltre dans l’arbre, l’infecte et bloque ses canaux de sève. Au bout de quelques années, voire quelques mois, il meurt. Implacable et jusque là incurable, la maladie champignonneuse se transmet par le système racinaire, ou alors le parasite pénètre par une blessure.

Progression du Chancre coloré

 

Incurable car pour l’instant l’homme n’arrive pas stopper l’épidémie. Depuis une dizaine d’années le champignon s’en prend au Canal du Midi (de Toulouse jusqu’à Agde) fièrement escorté par des rangées de platanes sur chaque rive (ce qui a participé à son entrée dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO). Qu’à cela ne tienne, on rase les arbres et plus de maladies ! C’est la solution choisie par VNF (Voies Navigables de France, responsables du Canal du Midi) puisqu’ils ont abattu 14 000 arbres entre 2005 et 2015, sur les 42 000 longeant le Canal. Autant dire que des milliers sont encore menacés par la maladie, et par l’abattage préventif (« je te tue avant que tu ne meures »).

Pourtant, d’après une pétition visant l’arrêt de l’abattage des platanes le long du Canal du Midi, « une chercheuse indépendante experte en bactériologie végétale a mis au point un processus de traitement et de vaccination des végétaux, 100% naturel et breveté, qui a fait ses preuves puisque reconnu par des analyses en laboratoire officiel. Elle avait proposé, en 2013, aux VNF (Voies Navigables de France), de faire des tests gratuits sur les platanes du Canal, selon un protocole bien établi, les résultats auraient été visibles après 21 jours et confirmés par analyses en laboratoire 4 à 5 mois maximum, plus tard.« 

Chez Inventaire Fac’, nous aurons tendance à privilégier la recherche d’un remède et multiplier les essais sur les platanes, plutôt que tous les efforts se concentrent sur l’accélération du génocide du platane du Canal du Midi. Il faut garder à l’esprit que raser ses arbres ne fait pas particulièrement plaisir à VNF qui préférerait sans doute que les platanes, certains âgés de plus de 160 ans, restent sur pieds. En attendant, on tente de remplacer les « abattus » par de nouvelles essences ; en effet le but étant d’échapper à la maladie, on ne va pas replanter des platanes !

Si la disparition de ces vieux arbres le long du Canal est problématique d’un point de vue historique, culturel ou esthétique, c’est aussi un souci environnemental. En effet, le platane abrite toute une biodiversité. Beaucoup d’oiseaux, sans compter les nombreux invertébrés, profitent de ses cavités particulières pour y nidifier. Trouver un tel trou dans un autre arbre n’est pas évident (surtout lorsque la Perruche à collier est accusée de piquer la place à d’autres oiseaux dans ce type d’habitat). Si l’oiseau en question déménage dans un arbre un peu plus loin, qui sera abattu le mois suivant, cela peut ne jamais finir…

Une fois le platane abattu, il est brûlé sur place (pour éviter la transmission de la maladie en déplaçant le bois mort). Mais personne ne profite de ce bois, sans parler des émissions inutiles. De plus, quand l’arbre est rasé, il reste la souche, alors que l’objectif est de replanter une autre essence. Avec de si vieux arbres très bien ancrés dans le sol, il est rare que l’on enlève une souche mécaniquement… Or rien de plus efficace que l’acide chloridrique pour se débarrasser d’une souche récalcitrante ! Et quelle meilleure idée que déverser de l’acide à deux pas d’un canal afin que cet agent polluant continue sa route au fil de l’eau…

La vie n’est pas un long canal tranquille pour notre platane national, surtout dans le sud de la France.

Profitez donc des platanes de votre campus, vous ne les verrez peut-être plus sous le même œil !

Et n’oubliez pas de poster vos observations sur inventairefac.com (de platanes, de leurs habitants, ou de ce qu’il vous plaît).

 

Article réalisé par Mathias ROTH

 

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