Lichen, Agent de la qualité de l’air

Lichens-sur-tronc-d-arbreLa vie, c’est la plante, l’animal, le champignon et voilà…

Mais non vous savez que c’est bien plus complexe et moins monotone que cela !

Prenons le lichen : le fruit d’une alliance symbiotique entre une algue et un (ou plusieurs) champignon(s). Alors en effet, les algues ne se trouvent pas qu’on fond de l’eau. Mais celles-ci n’errent pas seules dans l’air ou rouler sur terre, comme certaines dérivent en mer. Là intervient le champignon du lichen qui servira de support à l’algue en question, sur le tronc d’un arbre ou un rocher.

Mais la coopération ne s’arrête pas là. Quel intérêt en tire le champignon ? Les algues effectuent la photosynthèse, une source d’énergie plutôt intéressante pour le lichen et son champi’. Ainsi l’algue fournit les nutriments au lichen, tandis que le champignon apporte l’eau et les sels minéraux recueillis dans l’humidité de l’air ou la pluie.

Les lichens s’imprègnent de l’atmosphère ambiante et sont donc en contact avec ce qui s’y trouve. Autrement dit, ils sont très exposés à la pollution atmosphérique. Ce sont donc de formidables détecteurs, avec leurs réactions et sensibilités différentes à la pollution selon les espèces.

Une méthode (FOMOFA) utilise les différents types de lichens et leurs réactions variées à la pollution afin d’étudier la qualité de l’air. Les lichens poussant lentement, cette méthode analyse une pollution cumulée sur plusieurs années.

Alors pour mesurer la pollution de l’air à coté de chez nous, concentrons nous sur trois grands types de lichens poussant sur des arbres :

  • Thalle crustacé : lichen sous la forme d’une croûte bien fixée que l’on peut difficilement décollé (en grattant à l’ongle à la limite). Celui-là n’est pas vraiment gêné par la pollution.

Thalle crustacé

  • Thalle foliacé : à l’aspect croûteux feuillu et pour sa part facilement décollable .Il est peu sensible à la pollution.

thalle foliacé

  • Thalle fruticuleux : lichen en buisson ou lanières, faiblement fixé on le fait tomber facilement. Celui-ci est très sensible à une atmosphère polluée.

Thalle fruticuleux

Une fois que vous savez identifier ces lichens, il y a un protocole à respecter afin de mesurer la qualité de l’air selon la méthode FOMOFA (FOrt, MOyen, FAible).

Sur au moins trois arbres, il faut comptabiliser les différents types de lichens, mais il y a une procédure à respecter : sur quel arbre, quelle taille d’arbre, quelle face, quelle surface, etc.

Cette méthode n’est pas si compliquée à mettre en place, un petit peu d’organisation, de rigueur et presque n’importe qui peut s’y atteler sans y passer trop de temps (si on se cantonne à trois arbres). Ça vaut le coup d’essayer non ? Retrouvez les détails sur http://www.particitae.upmc.fr

Les lichens sont des êtres vivants à part et à part entière ! Non contents de nous offrir le parfait exemple d’une symbiose, ils représentent un outil naturel pour mesurer la pollution sans avoir à utiliser un matériel high tech’ complexe.

Apprenez à les reconnaître et postez vos observations lichéniennes sur inventairefac.com !

 

Article réalisé par Mathias ROTH

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