On recherche Vespa velutina !

on recherche frelon !On entend beaucoup parler du Frelon asiatique depuis une dizaine d’année. Il faut dire qu’il se répand rapidement et largement sur le territoire !
Inventaire Fac’ pointait déjà du doigt la bestiole en début d’année scolaire (Article : Qui est le Frelon asiatique ?), à juste titre car la situation ne s’est pas améliorée…
Mais elle peut s’arranger ! Les études se poursuivent pour savoir comment endiguer cette invasion.

Rappelons que nous n’avons rien personnellement contre Vespa velutina. Sans aller jusqu’à dire que c’est un charmant insecte, le Frelon asiatique n’est pas spécialement agressif (sauf près de son nid) et sa piqûre n’est pas plus dangereuse que celle d’un autre Hyménoptère. L’ennui avec Vespa velutina, c’est son attirance sanguinaire pour les abeilles. Si son cousin européen (Vespa crabro) grignote une ouvrière de temps en temps, les frelons asiatiques peuvent s’employer à de véritables génocides sur les ruches. En quelques heures, Vespa velutina peut causer la perte d’une colonie, en tuant un trop grand nombre d’individus ou en stressant les abeilles jusqu’à ce qu’elles ne sortent plus de leur ruche. Pourtant, cette nourrice attentionnée tue dans le seul but de nourrir les larves de sa colonie (sales mioches). Les adultes, plus raffinés, se nourrissent essentiellement de miel, nectar et fruits mûrs. Vérifiez donc que votre pomme fraîchement cueillie ne bourdonne pas avant de croquer dedans !vespa velutina

Il a été prouvé que beaucoup de moyens de lutte actuels contre Vespa velutina sont infructueux. Les pièges dits « à frelons » ne sont pas assez discriminants et éliminent trop d’insectes « innocents » (personne ne l’est, même une jolie coccinelle, la Jackie-l’Éventreuse des pucerons). Tuer les occupant d’un nid ne fait que libérer de la place à une autre, et limite les confrontations entre reines concurrentes (en tuant, on réduit donc la mortalité ! Pas évident).

L’invasion de Vespa velutina est facilitée par le grand nombre de femelles fondatrices (entre 300 et 600) contenu dans une seule colonie. Ces jeunes reines une fois fécondées attendent la fin de l’hiver pour commencer la construction de leur nid. Ces potentielles reines fondatrices sont donc la clef !

L’INRA et le CNRS l’ont bien compris et lancent donc leur projet Eurofrelon. Pour y participer, « capturez et envoyez des reines de votre région », dans un pot, puis au congélo, et direction la poste ! Les chercheurs souhaitent « comprendre les adaptations génétiques et morphologiques qui favorisent leur expansion afin de réguler les populations plus efficacement ». Retrouvez toutes les informations sur https://sites.google.com/site/eurofrelon/home.

En attendant les apiculteurs tentent tant bien que mal de lutter contre Vespa velutina. Les pièges lorsqu’ils sont posés près des ruches sont plus efficaces et attrapent plus de frelons. Une technique de « filtre », une muselière, protège assez efficacement les abeilles. Un grillage à large mails (suffisamment grand pour les abeilles mais ne laissant pas passer les frelons) disposé autour d’une ruche permet enfin aux ouvrières de quitter sereinement la ruche sans se faire décapiter systématiquement par un coup de mandibule lors du décollage. Les poules seraient également un bon moyen pour limiter le nombre de frelons autour des ruches :

 

Il est important d’inventorier et localiser cet insecte placé sur la liste des espèces invasives afin de connaître son expansion et sa proximité avec nos ruches.

Défendez les abeilles et apiculteurs sur  https://sites.google.com/site/eurofrelon/home

Et n’hésitez pas à poster vos observations de Vespa velutina sur votre campus, comme toujours direction http://www.inventairefac.com/

 

Article réalisé par Mathias ROTH

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