En quête de bêtes sauvages

forest-floor-1031143_960_720 Il est passé par ici, il repassera peut-être par là !

Quand on part à la recherche de bêtes sauvages à travers la forêt, pas toujours évident de tomber dessus. Si vous voulez avoir une chance, restez discret, (silencieux et en retrait). Ne perturbez pas les animaux, sinon ils ne reviendront pas et ça sera bien fait pour vous ! Même en toute discrétion, rien ne dit que vous aurez la chance d’en croiser.

Dans ce cas, traquez les animaux sauvages avec les indices qu’ils nous laissent, afin de les mitrailler … de votre regard ou appareil photo (oui cet article donne des pistes à suivre pour admirer les bêtes, pas pour les abattre).

Avant toute chose, renseignez vous sur la faune locale ou potentiellement présente. Les populations dépendent du climat, de la saison, de la période de la journée… Par exemple ne cherchez pas de marmotte en hiver, guettez le brame du cerf à partir de fin septembre. En période de rut certains sont moins discrets et à découvert (comme le mouflon ou le chevreuil), les sangliers sont de sortie au crépuscule, pour les oiseaux consultez les périodes de migration.

La vue est l’atout principal de l’homme pour suivre une piste. C’est notre sens le plus développé et le plus exercé. Tous les jours, chacun est exposé à de nombreuses images (dans la rue, sur les écrans…), nous passons notre temps les yeux ouverts à regarder.

Ainsi, il y a plusieurs types de « traces », « d’indices » à observer.

Les plus évidentes : les empreintes. Afin d’être précis mieux vaut avoir un mètre dans sa poche pour mesurer les traces, et un appareil photo pour vérifier à posteriori. Les experts peuvent définir énormément de choses à partir d’une simple empreinte : l’espèce, l’âge, le poids, le sexe, le type de déplacement (s’il trotte, galope, marche, effectue des sauts).
Voici les principales empreintes :

  • Les digitigrades (marques des coussinets, appelés « pelotes ») par les canidés, les félins, les mustélidés (belette & co)…

digitigrades

  • Les plantigrades (trace de la patte comme une main ouverte) : par les rougeurs, les hérissons…

plantigrades

  • Les ongulés (souvent des herbivores, la marque de sabots) par les cerfs, les mouflons, les sangliers…

empreintes ongulés

  • Les oiseaux (généralement 4 doigts, dont 1 pouce retourné vers l’arrière pour certains afin d’agripper une branche, même 2 pour le pivert). Plein de styles différents : les palmes, les griffes (serres)…

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  • Les poissons (ah non !)

 

Mais il n’y a pas toujours des empreintes, selon le type de sol et la saison : la pluie efface les marques et si le sol est trop sec la bête ne laisse pas de trace.

Heureusement de nombreux vestiges attestent du passage d’un animal. Nous nous contenterons de les lister ici, mais libre à vous d’explorer plus précisément l’une de ces pistes !

  • Le plus charmant d’abord : les déjections. Elles diffèrent selon les animaux et leur régime alimentaire. Un excrément peut donner plein d’indications : qui l’a fait, qu’est ce qu’il a mangé, est-ce que son transit se porte bien… C’est parfois l’unique marque de présence d’une espèce discrète, comme les récurrents crottiers des Genettes.
  • Les autres restes de repas : les pelotes régurgitées des rapaces, des fruits ou noix grignotés par un écureuil par exemple.
  • Regardez le tronc des arbres : on peut trouver des traces griffes, de dents de castor, de bains de boues de sangliers ou de cerfs.
  • Au sol, le labourage nocturne des sangliers pour dénicher des larves, racines…
  • Il y a aussi des restes organiques : les mues (de reptiles, d’invertébrés), les coquilles d’escargots, les bois de cerfs (de février à mai), des plumes, des poils (qui s’accrochent notamment aux buissons)…
  • Sans oublier les habitats adaptés à chaque espèce : les nids, les terriers, le « lit » d’une grosse bête laissant derrière elle des herbes couchées.

 

La vue n’est pas notre seul sens ! Il y a des marques sonores auxquelles être attentifs : les cris et les chants, les brames et aboiements (tous ces bruits pour la défense d’un territoire, pour communiquer, pour chercher un partenaire…), les bruits de déplacements dans les feuillages.jacky bernard

Nous avons aussi un nez, et l’odorat révèle ce que l’œil n’aperçoit pas (« ça sent la bête ! »). Après, on ne peut pas suivre une bête à la trace la truffe au sol tel un fin limier, d’où notre utilisation principale de la vue. De plus, ce sont les animaux qui devraient vous sentir les premiers.

Pour trouver les bestiaux en plein nature, il y a deux techniques principales :

  •  A l’affût : on se poste et on attend ! En hauteur de préférence (pour un meilleur point de vue et vous serez moins détecté par l’odorat, repérez le sens du vent), sans faire de bruit, bien camouflé, mais surtout de la patience ! Une fois en place, scrutez l’orée des bois, les points d’eaux et les flancs de montagne où les animaux circulent à découvert.
  • A l’approche : donc on se déplace, en suivant une piste et interprétant les différents indices énumérés dans cet article. Marchez sans bruit (attention aux branches et aux feuilles mortes), ne portez rien d’odorant (parfum, anti-moustique) et arborez une couleur neutre (marron/vert/noir). La discrétion est de mise, car les bêtes sauvages ne sont pas très fans des humains et s’en éloigneront le plus possible.

D’ailleurs si vous trouvez la bête, pas touche ! C’est sauvage pas une peluche. Même un faon par exemple, vous en caressez un tout tremblant et mal caché dans un buisson, vous le marquez de votre odeur humaine, ce qui entraînera l’abandon de la mère. Et si elle vous surprend à approcher son petit, vous ne courrez pas plus vite qu’une biche alors bon courage car elle risque de vous charger…

 

Bonne chance dans votre mission pistage.

N’oubliez pas : connaissances, discrétion, respect et distance sont de mise dans la quête de bêtes sauvages. Quatre points à respecter dans tout déplacement en pleine nature.

Repérez les traces d’animaux sur votre campus et postez vos observations sur inventairefac.com !

 

Article réalisé par Mathias ROTH 

 

« Quel meilleur moyen pour apprendre à respecter et donner envie de protéger un animal que de comprendre son mode de vie et le suivre dans son environnement ! » Nicholas Vanier

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